I-2 – De la thérapie au plaisir

Antiphon et l’art d’échapper à l’affliction :

Né dans le dème attique de Rhamnos, Antiphon est le fils de Sophilus, un aristocrate athénien et sophiste. Antiphon apprend l’art oratoire de son père et entame une carrière de logographe et de sophiste. Après avoir été le maître de Thucylide, qui le défend ensuite avec chaleur dans ses écrits, il s’engage en politique sur la fin de sa vie.

Orateur et maître de rhétorique, il défend la cause de l’individu et attaque la communauté, coupable de fabriquer des sujets dociles et formatés pour se soumettre à l’ordre collectif. Antiphon situait dans une opposition in-déliable la nature de l’homme et les lois, produits de la culture. La première se donnait alors comme liberté, douceur et plaisir. La seconde comme aliénation, entrave à une vie heureuse et bien vécue, soumission à un ordre injuste.

Il est l’un des instigateurs de la révolution oligarchique qui eût lieu à Athènes en 411. Aux côtés de Phrynicos et de Théramène, il participe au renversement de la constitution d’Athènes et à l’instauration du régime des Quatre-Cents. Il tombe avec ce régime : les Quatre-Cents renversés, Antiphon est accusé de trahison et condamné à mort, malgré le brillant discours qu’il prononce devant le peuple d’Athènes et dont Thucydide a conservé la trace.

Antiphon peut être considéré comme un des précurseurs de la psychanalyse. Il est l’inventeur d’une méthode d’interprétation des rêves ainsi que d’une thérapie de l’âme fondée sur la parole. Selon Onfray, « la méthode du sophiste renvoie à l’analyse, la conjecture, la recherche des enchaînements, la rationnalité la plus classique appuyée sur une théorie des causes et des effets. A quoi s’ajoute le talent de l’interprète pour produire du sens. »

« La vertu de justice consiste à ne pas transgresser ce que la cité, dans laquelle on vit comme citoyen, considère comme légal. »

Aristippe et la volupté qui chatouille :

Aristippe est un philosophe grec né à Cyrène (Lybie actuelle) vers 435 av. J.C. et mort en 356 av. J.C.
Disciple de Socrate, il fonde l’école cyrénaïque ou hédonistique. C’était un contemporain de Platon qui ne l’appréciait pas. Sa réputation en fait un être débauché et provocateur.

Le principe de sa doctrine était que le plaisir est le but de la vie, et que le sentiment de chacun est la mesure du plaisir, partant de la moralité. Si éloignée que soit cette doctrine des enseignements socratiques, Aristippe trouvait le moyen de la concilier avec eux dans une certaine mesure : il demandait en effet que l’humain se rendit capable d’être le maître de son plaisir, qu’il pût à volonté ou le poursuivre jusqu’au bout ou le refuser pour un meilleur.

Son oeuvre n’a pas survécu mais pour Michel Onfray une chose est sûre, l’hédonisme du cyrénaïque et son invention d’un plaisir digne de ce nom, positif, cinétique, dynamique et solaire.

« On examine avec soin les objets dans les boutiques, mais quand il s’agit des gens, on les juge sur l’apparence. »

Diogène et jouir du plaisir des philosophes :

Diogène est né à Sinope vers 413 pour certains, 404 pour d’autres, avant notre ère et mort à Athènes, toujours selon certaines sources, à Corinthe selon d’autres, entre 327 et 323. Il est le plus célèbre des disciples d’Antisthène le fondateur de l’École cynique, lui-même élève de Gorgias et disciple de Socrate.
Ses œuvres ont complètement disparu et on connaît donc peu de choses de sa vie, de ses écrits, de son enseignement véritable. Mais la légende s’est emparée de ce charismatique clochard philosophe, à la destinée et aux idées peu banales, et on lui attribue mille faits et mille propos vrais ou inventés.
Contemporain de Platon, Diogène est connu dans l’imagerie populaire comme le philosophe qui habitait un tonneau et se promenait dans Athènes en plein jour, une lanterne à la main et cherchant un homme… A noter que le tonneau n’existait pas , en Grèce, à cette époque. Sans doute une amphore (?).
Avec le temps, le cynisme a pris une connotation péjorative de mépris et de dénigrement d’autrui, qualifiant tous ceux qui, par peur de leur propre médiocrité, rabaissent systématiquement autrui.
Rien de cela dans le cynisme philosophique. L’ironie n’a qu’un seul but : dégonfler la baudruche toujours renaissante de la vanité humaine. La forme est théâtrale, subversive, joyeuse et ludique.

La principale source d’informations dont on dispose sur sa vie et sur sa doctrine est le livre VI de Vies et doctrines des philosophes illustres, de Diogène Laërce. D’autres éléments se trouvent notamment chez Dion Chrysostome et Maxime de Tyr.
Anecdote du poulet déplumé :
Un jour, Platon définissait l’homme comme « un bipède sans plume ». Diogène pluma alors un poulet et lui lança des les jambes en lui disant « tiens, voilà ton homme ! ». Platon rajouta, pour avoir raison, « et aux ongles plats »… Vous comprenez mieux, maintenant, ma devise « J’aime Platon, mais je préfère la vérité ».
« Le cadran solaire est une belle invention pour rappeler l’heure des repas. » (Mais l’a-t-il dit vraiment ?)

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